nov 06 2008

Mon adhésion au Collectif Agents

Bonjour,

 

Je vous annonce mon adhésion au Collectif Agents, un syndicat des agents sportifs créé par mon collègue Bertrand Cauly. Je ferai partie du bureau, en tant que chargé de communication et des relations avec la presse.

 

Ce syndicat a pour objet la défense et la promotion des intérêts des agents sportifs, dans un sens objectif et constructif, comme le précise la lettre adressée le 30 mars 2006 à M. Escalettes, Président de la F.F.F., et M. Thiriez, Président de la L.F.P., par Bertrand Cauly lors de sa création.

Il s’agit de :

- contribuer à ce qu’il soit mis un terme aux pratiques dévoyées mises en lumière par les médias ainsi qu’au préjudice moral considérable qu’elles font peser sur notre profession ;

- œuvrer au rétablissement de véritables règles de concurrence afin que l’exercice de notre profession ne soit pas en pratique réservé à ceux qui ont le plus largement contribué à ternir son image ;

- engager les réflexions nécessaires avec tous les interlocuteurs ayant un rôle à jouer dans la rationalisation des pratiques juridiques et financières du football professionnel.

 

Porteur de nombreuses propositions destinées à élaborer un cadre d’exercice précis et adapté à notre profession, le Collectif Agents regroupe actuellement une quinzaine d’agents sportifs.

 

Les propositions et actions du syndicat seront présentées sur son site.

 

Philippe Chevet

 

oct 05 2008

La nouvelle licence d’agent sportif: mode d’emploi

Nous vous parlions dans un post précédent des changements profonds actuellement
en cours, tant au niveau Fifa que de la législation française (en partie
influencée par cette dernière), au niveau de la réglementation de mon métier
d’agent sportif.

La Fifa, justement, vient de publier une circulaire qui vise à préciser certains points de l’une des mesures phares du nouveau règlement des agents,
selon laquelle les agents devront repasser TOUS LES 5 ANS un examen, sous peine
de perdre leur licence.

Nous vous l’avions dit, cette mesure va faire grand bruit, et a commencé à le
faire, d’où les précisions (pourtant évidentes) apportées par la Fifa, qui ne
fait que confirmer le texte.. et nos commentaires alors apportées.

La Fifa confirme en effet que TOUS les agents sont concernés par cette mesure, y
compris pour ceux dont la licence a été délivrée avant l’entrée en vigueur du
nouveau règlement (le 1er janvier 2008) et y compris pour ceux qui ont échappé à
la nécessite d’un examen…
Dans ces deux cas (je fais partie du premier), la licence est valable 5 ans à
compter du 1er janvier 2008. Il me faudra donc passer un nouvel examen au plus
tard en 2012 pour qu’elle me soit reconduite 5 ans, et ainsi de suite.

Ceci dit, il faut, pour ce qui concerne la France, attendre une mesure
législative.
On remarque juste que la loi actuellement en débat au Parlement français
(http://www.senat.fr/leg/ppl07-310.html) ne dit rien sur ce point.. Mais comment
ne pas y venir dans un avenir proche …
Pour le moment, la F.F.F. n’a pas communiqué sur le sujet.

Parions-le, il y aura encore débat sur le sujet…

Philippe Chevet 

oct 03 2008

Le prêt de joueurs entre clubs

Une affaire récente (ou plutôt deux affaires récentes) nous donnent l’occasion de faire le point sur la réglementation en vigueur en matière de prêt de joueurs entre clubs. 
Tout d’abord, revenons sur les faits.
 
Dans les dernières heures précédant la fermeture du mercato, lundi 1er septembre 2008, Leyti N’diaye et Amine Dennoun étaient prêtés par l’OM respectivement à Reims et à Ajaccio.

La Ligue de football professionnel a été saisi, comme il se doit, pour homologation des deux contrats (rappelons que le délai habituel pour se faire est de 15 jours après la signature des dits contrats).
La L.F.P. a décidé de ne pas valider les deux contrats de prêts, pour deux motifs différents(lire ici).

Le quota de joueurs prêtés par clubs 

L’article 266 de la charte du football professionnel précise que«  Les mutations temporaires de joueurs professionnels, stagiaires, élites ou espoirs sont effectuées pour une saison éventuellement renouvelable.Seuls les clubs disposant du statut professionnel peuvent  procéder à de telles mutations. Un club ne peut accueillir qu’un maximum de cinq joueurs mutés à titre temporaire.Un club ne peut toutefois muter à titre temporaire que sept de ses joueurs licenciés.(…)Un club ne peut toutefois muter à titre temporaire qu’un maximum de deux joueurs dans le même club ». 

Concernant le prêt Leyti N’diaye, le Stade de Reims ne s’est ainsi pas aperçu qu’il avait dépassé son quota de joueurs prêtés (soit 5, selon cet article). L. N’diaye étant le sixième sur la liste, son contrat n’a donc logiquement pas été validé.
A noter que Salim Arrache est le 5ème joueur prêté au club (dernier sur la liste de quota)… par l’OM…
 
L’article pose certaines règles supplémentaires :

- le prêt d’un joueur par un club n’est possible que s’il s’agit d’un club professionnel ;

- un club (pro) ne peut prêter que 7 joueurs maxi de son effectif ;

- un club (pro) ne peut prêter que 2 joueurs maxi de son effectif dans le même club.
  

Le prêt du joueur transféré 

Le deuxième cas concerne Amine Dennoun et soulève un second problème.  
L’OM a en effet souhaité prêter ce jeune joueur à Reims, en provenance de Libourne, pour lui permettre de s’aguerrir (il peut y avoir cohérence dans la mesure où le joueur ne pouvait sans doute pas s’imposer dans le groupe pro à court terme).
 
Or, l’article 266 de la charte du football professionnel précise que :
« Les joueurs faisant l’objet de mutations temporaires devront être licenciés au club depuis la précédente période d’enregistrement. Toutefois, cette ancienneté n’est pas applicable au joueur muté temporairement dans le club qu’il vient de quitter ».
Le joueur ne pouvait donc pas être prêté ailleurs qu’à Reims cet été car il a été transféré de Libourne lors de la même période d’enregistrement.

Techniquement, il aurait pu partir le 2 septembre (après la clôture de cette période d’enregistrement) mais aurait compté alors comme joker, ce qui n’arrange pas, évidemment, le club.

En effet, puisque le joueur doit être enregistré depuis la « période d’enregistrement précédente », et celle-ci terminant le 1erseptembre (par exemple), le joueur peut être prêté dans un autre club à compter du 2.

 Certains ont pu déclarer ces règles bien « archaïques », et même « préhistoriques ».Nous ne le croyons pas. 
En effet, le but est d’empêcher certains (les plus riches) de fausser la compétition en amassant des contrats de joueurs dont ils n’auraient finalement pas besoin, et d’affaiblir ainsi la concurrence en raison d’une supériorité économique forte.
 En outre, et c’est loin d’être négligeable, ce sont également des mesures visant à protéger les joueurs eux-mêmes car le prêt n’est pas la meilleure des solutions.Un projet sportif clair, et portant sur le moyen terme au moins (2 ou 3 années), est quand même mieux pour un joueur qu’une solution transitoire et « par défaut », et, par définition, sur le court terme (6 mois ou 1 an). Même si, évidemment, le prêt, parfois nécessaire, est quand il est pratiqué, le plus souvent, un moindre mal.


Philippe Chevet